Il est le “Dieu” de la “Troisième Eglise” (très connue sous “Malkia wa Ubembe”), un groupe religieux du Sud-Kivu (à l’est de la RD Congo) qui est aussi très implanté dans plusieurs pays de la région (Burundi, Rwanda, Tanzanie, etc). Il est, à en croire ses prêches, le “saint-esprit” que Jésus a promis d’envoyer aux disciples après son départ; et donc une des 3 personnes de la Trinité divine. La “Troisième Eglise” a été fondée en 1923 dans l’est du Kasai et dont les fidèles étaient connus comme “les domineurs”.

La fondation de cette église est une histoire fascinante : un prêtre congolais du nom de Mbuyi Charles avait reçu, de la part d’un autre prêtre belge (appelé DeClerck) le secret selon lequel les ombres/esprits des Noirs étaient liés aux ombres des Blancs qui exerçaient librement le pouvoir du Seigneur. DeClerck avisa Mbuyi de dire une prière pour libérer les Noirs et leur donner l’accès au pouvoir divin. DeClerck et Mbuyi Charles furent tués pour leurs actions – sans doute pour avoir découvert ce secret-là.

Mais avant de mourir, Mbuyi Charles avait transféré ce pouvoir à son confident, Bakwalufu, qui s’enfuit avec à Kinshasa. Dans l’entre-temps, Bakwafulu consacra 6 prophètes et donna à chacun d’entre eux accès à la puissance divine. Parmi eux se trouvaient – toujours selon leur histoire – Patrice Emery Lumumba (dont la tâche était de libérer le corps), Kadima Ilunga (qui devait montrer le chemin du dieu noir) et Simon Kimbangu (auquel fut attribué le pouvoir de faire descendre l’esprit pour le peuple noir).

A sa mort, en 1983, Bakwalufu transféra ce pouvoir à un jeune disciple du nom de Alimasi Bulangi (l’actuel) qui renaquit comme “Tata Wahiseelelwa Neno”, incarnation du pouvoir de dieu sur la terre.

Sa mission principale en tant que « dieu », c’est la paix face à l’insécurité qui écume la région de Fizi. Pour cette divinité autoproclamée, les personnes qui dérangent sont ceux qui adorent Jésus et Moïse, et ne savent pas que l’époque de Moïse et Jésus est passé et que maintenant, il y a l’époque de Tata Wise Elelwa.

« A Fizi, ils sont nombreux ceux qui continuent à adorer Jésus. Mais avec le temps cette insécurité va finir quand tout le monde croira à moi », affirme-t-il. Et d’ajouter : « En aucun jour vous écouterez celui qui croit en moi tenir une arme. » Lui-même reconnaît que s’il tentait d’en toucher, s’en serait fini de lui.

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